Comment augmenter son discernement (Partie 1/3)
Arrête de confondre réactivité et lucidité. Si tu veux vraiment avancer dans ta vie perso, pro ou spirituelle, t’as besoin d’un truc que personne ne t’a vraiment appris à développer : le discernement.
Ce n’est ni de l’intelligence brute, ni de la logique froide, ni du bon sens à l’ancienne. Le discernement, c’est cette capacité rare à voir clair à travers le brouillard de l’émotion, des biais, des peurs et des illusions. Et bonne nouvelle : ça se travaille.
Dans cette première partie, on va poser les bases : comprendre ce qu’est réellement le discernement, pourquoi il est si crucial, et ce qui t’empêche aujourd’hui de le développer. C’est pas une simple prise de conscience, c’est un vrai déclic que je veux provoquer.
C’est quoi le discernement (vraiment) ?
Le mot est galvaudé. On l’emploie parfois à tort pour dire “sagesse” ou “jugement”. Mais le discernement, c’est plus subtil.
C’est la capacité à :
- Faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est seulement séduisant
- Voir les nuances là où les autres voient du noir ou du blanc
- Prendre des décisions avec recul, même sous pression
- Déjouer les pièges mentaux qui biaisent ta perception
Dit autrement, c’est l’art de ne pas se faire berner, ni par les autres, ni par soi-même.
“Le discernement, c’est le garde-fou entre la réaction impulsive et la réponse juste.”
Et dans un monde saturé de bruit, de notifications, d’avis, d’émotions en surchauffe et de storytelling permanent, le discernement est un superpouvoir. Pas pour être “au-dessus”, mais pour ne plus être constamment baladé par les illusions.
Pourquoi tu manques (souvent) de discernement ?
Parce que t’es humain. Et que le cerveau humain est mal câblé pour la clarté. Il est câblé pour la survie. Ça veut dire : aller vite, éviter la douleur, chercher la validation.
Résultat : tu filtres la réalité à travers un paquet de biais cognitifs, d’habitudes mentales et de conditionnements. Voici les pires ennemis du discernement :
1. Le biais de confirmation
Tu cherches des preuves que tu as raison, pas que tu as tort.
Exemple : tu penses qu’un collègue est incompétent ? Tu vas naturellement remarquer ses erreurs, ignorer ses réussites.
2. La dissonance cognitive
Tu détestes te dire que tu t’es planté. Du coup, tu ajustes la réalité à ton récit intérieur.
Exemple : tu restes dans une relation toxique parce que tu veux croire que « ça peut changer ». Tu préfères adapter ta perception que confronter la vérité.
3. L’émotionnel à vif
Tu décides sous stress, colère, excitation ou peur ? Ton discernement est en PLS.
Pourquoi ? Parce que l’émotion te rend myope : tu ne vois plus que ce qui valide ton ressenti immédiat.
4. L’ego déguisé en intuition
Parfois, ce que tu appelles “intuition” n’est qu’un attachement déguisé : tu veux tellement croire un truc que tu le ressens comme “évident”.
Mais l’intuition réelle, elle, ne hurle pas. Elle chuchote. Elle ne valide pas toujours ce que tu veux.
Trois niveaux de discernement
Tu crois peut-être que le discernement c’est binaire : t’en as ou pas. Faux. En réalité, il se déploie en couches, comme un oignon (oui, c’est glamour).
| Niveau de discernement | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Basique | Tu détectes les trucs évidemment foireux | Tu sais que les mails de prince nigérian sont des arnaques |
| Intermédiaire | Tu vois les incohérences subtiles dans ton entourage ou tes projets | Tu sens qu’un client est instable malgré son enthousiasme |
| Avancé | Tu décryptes tes propres biais, tu différencies ce que tu veux croire de ce qui est | Tu te rends compte que tu poursuis un objectif qui n’est pas vraiment le tien |
Ce qui sépare le niveau intermédiaire du niveau avancé, c’est pas l’intelligence : c’est le courage de se regarder en face. Et ça, peu de gens s’y risquent.
L’obstacle n°1 : ta peur de perdre une illusion
T’as sûrement déjà ressenti ce moment où tu pressens la vérité… mais tu détournes les yeux. Parce que si tu l’acceptes, tu devras peut-être changer de direction, remettre en cause une relation, abandonner un projet.
C’est ça, le vrai test du discernement : es-tu prêt à sacrifier ce que tu voulais croire pour faire de la place à ce qui est ?
Et attention, ce n’est pas un exercice unique, c’est une pratique continue. Un chemin.
Ce que tu vas découvrir ensuite
Maintenant que tu vois plus clair sur ce qu’est (et n’est pas) le discernement, la suite va t’apprendre comment le cultiver concrètement au quotidien.
On va parler d’exercices mentaux, de rituels de clarté, de filtres à décision, et d’habitudes puissantes pour aiguiser ta lucidité.
Mais je m’arrête là pour cette première partie.
Comment augmenter son discernement (Partie 2/3)
Le discernement ne tombe pas du ciel. Ce n’est pas un don, ni une compétence réservée à une élite mystique. C’est un muscle mental que tu peux entraîner comme un biceps.
Mais comme pour la muscu, faut s’y mettre sérieusement. Et surtout, faut faire les bons exercices.
Dans cette partie, on va voir comment développer ton discernement au quotidien. Pas en théorie, pas en mode “sois plus sage” — non. En te donnant des outils concrets, des rituels, des questions puissantes, et des hacks mentaux pour filtrer la réalité avec plus de lucidité.
1. Le rituel de décentrage (aka la pause qui sauve)
Quand tu sens que t’es sur le point de prendre une décision à chaud (colère, excitation, peur, pression…), stoppe tout. Respire. Pose-toi ces 3 questions :
- Qu’est-ce que je ressens vraiment là maintenant ?
- Qu’est-ce que je veux éviter ?
- Et si j’avais tort ?
Ce petit rituel est brutalement efficace pour te désidentifier de l’émotion et te reconnecter au réel.
Le discernement commence quand tu sors de ton propre tourbillon intérieur.
👉 Astuce : mets un rappel sur ton téléphone avec ces 3 questions. Tous les jours, à 12h. Juste pour t’entraîner.
2. L’exercice du miroir inversé
Le discernement, c’est aussi se rendre compte de ses angles morts. Et pour ça, t’as besoin de feedback… mais pas de n’importe qui. Tu dois créer un espace où quelqu’un peut te dire la vérité, sans filtre, sans diplomatie.
Comment faire ?
- Identifie une personne que tu respectes intellectuellement
- Demande-lui de te décrire une situation où tu t’es clairement planté
- Écoute sans te défendre. Prends des notes. Lutte contre ton ego.
C’est inconfortable, mais ça te fait gagner 3 ans de recul en 30 minutes. Parce que ce que tu refuses de voir te gouverne.
3. Le carnet de biais (à tenir chaque soir)
À la fin de chaque journée, note une situation où tu aurais pu mieux discerner :
| Jour | Situation | Réaction | Biais probable | Réaction alternative |
|---|---|---|---|---|
| Lundi | Réunion avec Paul | J’ai dit oui trop vite | Peur de décevoir | Lui proposer un délai |
Tu vas repérer des patterns mentaux, comme :
- Toujours dire oui quand tu veux être aimé
- Éviter les conflits même quand c’est nécessaire
- Confondre intuition et précipitation
Et en les repérant, tu pourras les hacker.
4. Le filtre des 3 niveaux de vérité
Avant de croire ou de répéter une info (surtout en ligne), passe-la dans ces 3 filtres :
- Est-ce un fait vérifiable ?
- Est-ce une interprétation personnelle ?
- Est-ce une projection émotionnelle ?
Exemple :
“Mon boss est un connard.”
- ✅ Fait : il t’a interrompu 3 fois en réunion
- ⚠️ Interprétation : il ne respecte pas ton travail
- ❌ Projection : tu te sens inutile à cause de ton passé pro
Ce filtre te rend moins manipulable. Par les autres, mais surtout par ta propre histoire intérieure.
5. Le jeûne de validation
Tu veux tester ton niveau de discernement ? Fais une détox mentale :
- 7 jours sans demander l’avis de qui que ce soit
- Pas de likes, pas de commentaires, pas de validation extérieure
- Tu prends des décisions seul, avec toi-même
Ce genre de jeûne révèle un truc : est-ce que tu sais vraiment ce que tu penses ? Ou est-ce que tu fais du mimétisme, en cherchant l’approbation des autres ?
Quand tu te reconnectes à ton propre jugement, même bancal au début, tu ouvres un espace pour qu’il se raffine. Et ce raffinement, c’est le discernement en action.
Le discernement est une pratique (pas une perfection)
Tu ne vas pas devenir hyper lucide du jour au lendemain. Tu vas te planter. Souvent.
Mais si tu documentes tes erreurs, que tu analyses tes réactions, que tu prends des feedbacks réels, alors tu t’affines.
Et tu vas voir un truc génial : tes décisions deviennent plus simples. Pas plus faciles, mais plus claires.
Tu arrêtes de tourner en rond dans ta tête. Tu tranches. Tu assumes. Tu avances.
Dans la dernière partie, je te partagerai :
- des techniques avancées pour aiguiser ton discernement stratégique (business, relations, décisions cruciales)
- comment lier discernement et intuition sans tomber dans le flou mystique
- et ce qu’il faut faire quand ton discernement t’amène à des choix impopulaires, voire douloureux
Comment augmenter son discernement (Partie 3/3)
Tu as compris ce qu’est vraiment le discernement, tu as découvert comment l’entraîner au quotidien, et maintenant on passe à un niveau plus stratégique.
Parce qu’avoir du discernement, c’est pas juste pour être plus sage dans sa tête. C’est pour mieux décider. Mieux s’entourer. Mieux avancer.
Et parfois, oser prendre des décisions difficiles que peu de gens comprennent.
Dans cette dernière partie, on va parler d’intuition, de clarté dans les décisions majeures, de solitude parfois nécessaire, et de comment faire du discernement un avantage concret dans ta vie personnelle et professionnelle.
1. L’intuition n’est pas un superpouvoir mystique (mais elle est cruciale)
Tu ne peux pas parler de discernement sans parler d’intuition. Mais attention, il faut clarifier un truc :
L’intuition, ce n’est pas deviner le futur. C’est reconnaître des schémas plus vite que ton mental.
C’est ton cerveau inconscient qui capte des signaux faibles. Mais pour qu’il fasse bien son job, tu dois le nourrir.
Pas d’intuition fiable sans données accumulées, sans expériences vécues, sans réflexion préalable.
Tu veux affûter ton intuition ? Fais ça :
- Accumule des expériences variées (plus tu vois de cas, plus tu sens juste)
- Apprends de tes erreurs passées (retour d’expérience = or)
- Prends le temps de digérer l’info (la clarté naît dans le silence, pas dans la frénésie)
L’intuition complète le discernement. Elle ne le remplace pas.
2. Comment prendre des décisions difficiles avec discernement
Le discernement se révèle dans les moments où la bonne décision n’est pas la plus confortable.
Exemples concrets :
- Couper une collaboration rentable mais toxique
- Rompre avec quelqu’un qui ne t’élève pas
- Abandonner un projet où t’as déjà investi beaucoup (mais qui ne mènera à rien)
Voici le filtre à 5 étages pour les décisions difficiles :
- Est-ce aligné avec mes valeurs profondes ?
- Est-ce que je me projette sereinement dans 1 an si je continue comme ça ?
- Qu’est-ce que je gagnerais vraiment à maintenir le statu quo ?
- Qu’est-ce que je perds déjà à force d’hésiter ?
- Et si je me faisais 100% confiance ? Qu’est-ce que je ferais ?
Ce n’est pas magique, mais ça te donne un cadre pour écouter la voix juste, pas juste la voix forte (celle de la peur, de l’égo ou du regard des autres).
3. Accepter l’impopularité comme prix de la clarté
Un des plus grands freins au discernement, c’est ça : tu veux voir clair, mais tu veux aussi que tout le monde soit d’accord avec toi.
Sauf que… ça ne marche pas.
Le vrai discernement va parfois te mettre à contre-courant :
- Tu vas refuser des opportunités qui “font rêver tout le monde”
- Tu vas dire non là où d’autres disent oui sans réfléchir
- Tu vas choisir la solitude momentanée plutôt que la confusion partagée
Mais la paix que tu gagnes à l’intérieur vaut largement le bruit que tu perds à l’extérieur.
“Le discernement, c’est être en paix avec ce que tu vois, même si ça dérange ceux qui dorment encore.”
4. Faire du discernement un avantage stratégique dans ta vie pro
Dans un monde où tout le monde court après les tendances, le buzz, les hacks rapides…
Le discernement devient un actif rare et précieux.
Voici comment il change la donne concrètement :
• En business :
- Tu repères les fausses opportunités (celles qui te font perdre du temps et de l’énergie)
- Tu identifies plus vite les bons partenaires (au-delà des belles promesses)
- Tu simplifies ta stratégie (moins de dispersion, plus de profondeur)
• En management :
- Tu vois plus clair dans les jeux de pouvoir
- Tu discernes ce qui est dit de ce qui est ressenti
- Tu prends des décisions qui respectent l’humain sans sacrifier la lucidité
• En création de contenu :
- Tu sens ce qui va résonner vraiment
- Tu évites de copier bêtement les autres
- Tu restes aligné sur ton message, même si ce n’est pas “ce qui marche en ce moment”
Le discernement, c’est le contre-pied de la panique ambiante. Tu gagnes en clarté, en posture, et surtout… en cohérence.
5. Le pacte du discernement : lucidité + responsabilité
Avoir du discernement, ce n’est pas juste “voir clair”.
C’est oser agir en fonction de ce que tu vois. Même si c’est inconfortable.
Et ça, c’est la dernière marche :
- Tu ne fais plus semblant
- Tu ne te mens plus
- Tu n’attends plus que quelqu’un vienne valider ce que tu ressens
Tu redeviens acteur de ta trajectoire.
Et c’est peut-être ça, la vraie liberté : voir, choisir, assumer. Même (et surtout) quand c’est dur.
En résumé (mais pas trop vite)
Tu veux augmenter ton discernement ? Retiens ceci :
- Le discernement est un muscle, pas un don
- Il se construit par l’expérience, la réflexion, le feedback
- Il t’aide à mieux décider, mieux ressentir, mieux t’orienter
- Il demande du courage, pas juste de la lucidité
- Il est inconfortable, mais profondément libérateur
Tu ne seras jamais infaillible. Mais tu peux devenir radicalement plus clair. Et dans un monde flou, c’est déjà révolutionnaire.
📌 Aller plus loin
Si tu veux continuer à développer ce genre de lucidité dans ta vie pro, perso et créative, va jeter un œil aux Entrepreneurs du Kiff.
Tu y trouveras des humains qui ont choisi la clarté plutôt que le bruit, l’alignement plutôt que la frénésie, et qui avancent ensemble avec exigence et bienveillance.
Pas de miracle, mais des déclics. Pas de blabla, mais de la conscience en action.


