Je suis obsédé par mon business (Partie 1)
L’obsession, ce moteur à double tranchant
Il y a ceux qui veulent réussir.
Et il y a ceux qui ne peuvent pas faire autrement.
Toi, tu te lèves avec ton business en tête. Tu manges avec, tu dors avec. Tu n’arrives pas à t’arrêter d’y penser, même quand tout est censé aller bien. Tu scrolles une série le soir, mais en réalité tu te demandes comment scaler ton offre ou régler ce foutu tunnel de vente. Chaque conversation, chaque silence devient une opportunité de réflexion sur ton projet.
Ce n’est pas une lubie.
Ce n’est pas un petit rêve Pinterest.
C’est une obsession.
Et tu le sais : ça te rend à la fois puissant et vulnérable.
Un feu intérieur qui défie la raison
Être obsédé par son business, ce n’est pas juste être motivé. C’est être habité. Littéralement. Comme si ton projet avait pris corps en toi, comme s’il vivait dans ta moelle épinière.
Le mot obsession fait peur. Il évoque la perte de contrôle. Pourtant, dans le business, cette intensité-là peut être un superpouvoir. Ceux qui changent la donne, qui bâtissent des empires, qui innovent ou cassent les codes… ne sont pas tièdes. Ils sont monomaniaques.
Jobs, Musk, Oprah, Chanel, Kanye… Peu importe le secteur, les figures qui marquent partagent une capacité à se consumer pour leur vision. Ils sont dérangeants, instables parfois, mais ils avancent comme des bulldozers traversés d’angoisse.
Cette obsession est un levier surpuissant. Elle te pousse à apprendre plus vite que les autres, à taffer sans compter, à voir des solutions là où les autres voient des murs. Elle t’épargne les dilemmes mous du “faut-il que je continue ou pas ?”, “suis-je légitime ?”. Tu es déjà trop loin pour revenir en arrière.
Mais si tu ne la regardes pas en face, cette intensité peut aussi te bouffer vivant.
Ce que ça te donne… et ce que ça te coûte
L’obsession t’offre des victoires visibles :
– Avancer plus vite que la moyenne
– Être focus quand les autres papillonnent
– Gagner en clarté, en ambition, en impact
– Porter une vision plus grande que ta peur
Mais elle t’arrache, en retour, des morceaux moins visibles :
– Des nuits de sommeil normal
– Des relations authentiques
– Une forme d’équilibre intérieur
– Et parfois même… le plaisir de créer
Tu bosses tout le temps, mais tu n’es jamais vraiment présent. Tu réussis à faire des choses incroyables, mais tu n’arrives jamais à les célébrer. Tu coches les objectifs sans ressentir le kiff, parce que tu es déjà dans la prochaine itération.
Et surtout : plus tu avances, plus l’obsession change de visage.
Au début, elle est exaltante.
Puis elle devient pesante.
Puis elle devient ton identité.
Et là, c’est plus dangereux qu’il n’y paraît.
Parce qu’on ne quitte pas une obsession qui nous définit.
Ce n’est pas un bug, c’est un signal
Si tu es obsédé par ton business, ce n’est pas un “déséquilibre mental à soigner”. C’est un symptôme d’autre chose. L’obsession est un messager, pas une maladie.
Elle révèle une tension forte entre :
– Un désir de contrôle (je veux maîtriser mon destin, ma valeur, ma réussite)
– Et une peur de l’oubli (si j’arrête, je disparais / je suis inutile / je rate tout)
Derrière cette obsession, il y a souvent des racines plus profondes : un besoin de reconnaissance, une blessure d’humiliation, un héritage de pression familiale ou sociale. Le business devient alors l’arène où tu règles tes comptes avec le monde — et avec toi-même.
C’est noble, puissant, humain. Mais c’est aussi dangereux si tu ne mets jamais de mots dessus.
Je suis obsédé par mon business (Partie 2)
Les visages multiples de l’obsession entrepreneuriale
L’obsession ne se manifeste pas toujours comme une énergie brute. Elle peut prendre des formes beaucoup plus sournoises, intellectuelles, rationnelles, voire productives en apparence. Et c’est là que ça devient glissant : parce que tu crois que tu avances… alors que tu t’enfermes.
Regarde bien. Il y a plusieurs visages à cette obsession :
1. Le bourreau de travail qui se ment
Tu justifies tes 80 heures par semaine en disant que tu es “passionné”, “dans le flow”, “en construction”. En réalité, tu es incapable de t’arrêter. Tu te caches derrière ta to-do list pour éviter le vertige de l’immobilité. Tu dis que tu aimes bosser… mais si tu t’arrêtes deux jours, tu ressens une panique profonde.
Ce n’est pas de la rigueur. C’est une fuite.
2. Le stratège compulsif
Tu passes tes journées à tout re-questionner : ton positioning, ton funnel, ton pricing, ton branding, ta niche. Tu ouvres Notion vingt fois par jour pour “réorganiser ton système”. Tu changes d’offre tous les trois mois, non pas par stratégie, mais par peur de t’engager vraiment. Tu es addict au mouvement.
Tu crois que tu planifies. Tu es juste en train de nourrir ton anxiété avec de l’activité mentale.
3. Le missionnaire qui s’oublie
Tu es tellement habité par ta mission que tu t’effaces derrière elle. Tu fais passer les clients, les résultats, l’impact avant ta propre vie. Tu t’interdis le confort, le plaisir, la lenteur, au nom d’un idéal supérieur. Tu es devenu martyr de ta vision.
Tu n’es plus entrepreneur, tu es une religion à toi tout seul.
4. Le drogué à la croissance
Tu as besoin que ça monte. Toujours. Plus de clients, plus de chiffre, plus de reach, plus de projets. Même quand tout va bien, tu ressens un manque. Tu scrolles tes dashboards comme un trader dépressif. Tu cherches la montée d’adrénaline qui vient avec la nouveauté, l’urgence, la conquête.
Mais la croissance sans conscience, c’est juste une autre forme de vide.
Ce que tu gagnes à en prendre conscience
Le but ici, ce n’est pas de faire un procès de ton intensité. Ni de te dire de “ralentir pour ralentir”. Tu es libre d’aimer bosser. Tu es libre d’être monomaniaque. Tu es libre d’être obsédé.
Mais tu es aussi libre de ne pas être possédé par ton business.
Reconnaître les formes de ton obsession, c’est gagner :
– En lucidité : tu cesses de confondre activité et avancée.
– En souveraineté : tu choisis ce que tu fais, au lieu d’agir sous l’impulsion du manque.
– En créativité : tu redécouvres des espaces mentaux libérés de la compulsion.
– En puissance réelle : tu canalises ton feu, au lieu de le laisser te cramer.
Tu ne perds pas ton edge. Tu retrouves ton centre.
Et c’est là que tu redeviens dangereux dans le bon sens du terme.
Transformer l’obsession en stratégie consciente
Tu veux continuer à bosser comme un fou ? OK. Mais fais-le en conscience. Fais-le avec des balises. Fais-le depuis un endroit stable, pas depuis une faille affective.
Voici quelques leviers puissants pour passer de l’obsession subie à l’obsession choisie :
→ Distingue le moteur du véhicule
Ton business n’est pas toi. Il est un véhicule de ton expression, de ta création, de ton ambition. Mais si tu confonds les deux, toute attaque contre ton projet devient une attaque contre ta personne. Tu perds en lucidité. Tu prends tout personnellement. Tu réagis au lieu d’agir.
Reprends la main. Tu es le conducteur, pas le moteur.
→ Crée des zones d’irresponsabilité temporaire
Un entrepreneur qui ne s’autorise jamais à ne pas penser à son business est un entrepreneur qui court vers l’épuisement. Crée des zones mentales sanctuarisées, même courtes : 2h où tu n’as aucune obligation de penser à ton offre, ton feed ou ton copywriting.
Ce n’est pas du repos. C’est de l’hygiène stratégique.
→ Ose la vacance identitaire
Qui es-tu sans ton business ? Que reste-t-il de toi si tout s’arrêtait ? Ces questions ne sont pas anxiogènes, elles sont fondamentales. Elles ne t’invitent pas à décrocher. Elles t’invitent à ne pas tout miser sur un seul totem.
C’est comme diversifier ses investissements : tu protèges ton autonomie, ta créativité, ton intégrité.
→ Ralentis pour aller plus vite
Oui, cliché. Mais vrai. Parce que l’intensité durable ne vient pas de l’urgence, elle vient de l’ancrage. Un entrepreneur qui sait quand ralentir est un entrepreneur qui dure. Pas celui qui en fait toujours plus, toujours plus vite. Celui qui a compris qu’il est une ressource à protéger.
👉 Dans la partie 3, on ira plus loin :
Comment utiliser ton obsession comme un avantage stratégique différenciant, comment la reconnecter à une joie profonde (et pas juste à un besoin de prouver), et comment construire une réussite qui n’exige pas de te trahir.
Je suis obsédé par mon business (Partie 3)
De l’obsession subie à l’ambition alignée
Tu ne peux pas te contenter de “gérer” ton obsession.
Tu ne veux pas l’éteindre.
Tu veux la transmuter.
L’enjeu, ce n’est pas de devenir zen. L’enjeu, c’est de faire en sorte que cette intensité soit productive, joyeuse, durable. Qu’elle te construise, plutôt que de te consommer.
Et pour ça, tu dois changer de perspective :
👉 L’obsession n’est pas un défaut à corriger. C’est un matériau brut à sculpter.
Reconnecter le moteur à la joie
Beaucoup d’entrepreneurs confondent l’élan avec l’urgence. Ils pensent qu’ils avancent parce qu’ils sont passionnés, alors qu’en réalité ils fuient l’inaction. Ils sont pilotés par la peur du manque, de l’échec, du vide.
Mais une obsession qui ne s’appuie que sur la peur… finit par tout contaminer.
Tu ne crées plus pour kiffer.
Tu crées pour ne pas t’effondrer.
Alors pose-toi une vraie question :
Et si je faisais tout ça… depuis un endroit joyeux ?
Pas un bonheur mièvre. Une joie solide. Celle qui vient de l’intérieur. Celle qui ne dépend pas du prochain lancement, du prochain million, du prochain client. Celle qui transforme ton business en un terrain de jeu conscient — pas en champ de bataille existentiel.
C’est là que tu deviens vraiment libre.
Canaliser l’obsession : trois leviers de transformation
1. L’obsession comme boussole
Plutôt que de combattre ton obsession, utilise-la comme une boussole d’exigence. Si tu es obsédé par la qualité, par l’impact, par le détail, alors canalise ça pour élever ton niveau de jeu. Crée des offres hors normes. Sois maniaque dans la profondeur, pas dans la dispersion.
Mais choisis ta boussole. Sinon, c’est elle qui te choisira.
2. L’obsession comme signature
Ton intensité n’est pas une faiblesse. C’est une signature. Elle peut devenir un avantage compétitif si tu l’assumes pleinement : dans ton ton, dans ton branding, dans ton offre. Tu n’es pas là pour plaire à tout le monde. Tu es là pour marquer. Et pour ça, tu dois embrasser ton feu, pas le cacher.
Un business vibrant attire des clients vibrants.
3. L’obsession comme art de vivre
Et si tu cessais de séparer ton business de ta vie ? Si tu arrêtais de croire que c’est “soit l’un, soit l’autre” ? Un business aligné, ce n’est pas un projet qui te pompe toute ton énergie. C’est un projet qui te nourrit. Qui t’aide à te connaître, à grandir, à aimer mieux.
Tu peux être obsédé par ton business et être libre.
Tu peux vouloir exploser les scores et retrouver la paix.
Tu peux viser l’exceptionnel sans te détruire.
Mais pour ça, il faut arrêter de jouer à être équilibré.
Et commencer à jouer à être entier.
Conclusion : Ce que tu ne dois jamais oublier
Tu es obsédé par ton business ?
Bien.
C’est que tu es vivant.
C’est que tu y mets ton âme.
Mais ne laisse jamais ton obsession se transformer en prison mentale.
Tu n’as rien à prouver. Tu n’as pas besoin de t’épuiser pour exister. Tu peux viser grand sans t’oublier.
Ton obsession peut être une arme de création massive.
À condition de reprendre le pouvoir dessus.
À condition de choisir où tu veux qu’elle t’emmène.
📌 Aller plus loin
Si cet article t’a parlé, si tu sens que ton obsession mérite mieux qu’un simple “calme-toi”, va jeter un œil à Les Entrepreneurs du Kiff.
Tu y trouveras des approches puissantes pour bâtir un business ambitieux sans t’éteindre en route. Pas de recettes bullshit, juste de la clarté, du fond, et des outils pour transformer ton intensité en force tranquille.


