Kiffe ton business – Partie 1 : Pourquoi kiffer son business n’a rien d’un hasard
“Kiffe ton business.”
Trois mots simples, percutants, qu’on voit partout. En titre de podcasts, dans des slogans de formations, dans les bios Instagram. Mais qu’est-ce que ça veut vraiment dire ? Et surtout, comment on fait pour en arriver là — au stade où on peut dire sincèrement qu’on aime son activité, qu’on se sent bien dedans, qu’on ne subit pas son quotidien pro ?
La réalité, c’est que beaucoup d’entrepreneurs lancent leur activité avec cette idée en tête — créer un business qu’ils aiment, qui a du sens, qui respecte leurs valeurs — mais finissent par se retrouver enfermés dans une machine qu’ils ont eux-mêmes construite, et qui ne leur ressemble plus.
“Kiffer son business”, ce n’est pas juste une ambiance ou un mantra. C’est un objectif stratégique. Et c’est tout sauf un acquis.
Aimer ce qu’on fait ne suffit pas
C’est l’un des plus grands malentendus du freelancing et de l’entrepreneuriat : croire que si on aime ce qu’on fait (écrire, coacher, designer, accompagner, transmettre…), tout ira bien.
Mais tu peux adorer ton métier et détester ton quotidien pro si :
- Tu bosses avec les mauvaises personnes
- Tu travailles trop, tout le temps
- Tu ne sais pas dire non
- Tu fais tout tout seul
- Tu gagnes mal ta vie
- Tu n’as plus d’espace pour toi
Aimer ton expertise, c’est important. Mais ça ne suffit pas à créer du plaisir au quotidien. Ce que tu dois aimer aussi — et surtout — c’est la manière dont ton activité est structurée. Ton écosystème. Tes process. Ton rythme. Tes clients. Tes offres. Tes marges de manœuvre.
Et ça, ça ne tombe pas du ciel. Ça se construit.
Kiffer son business = trouver ton modèle idéal (et pas celui des autres)
Si tu veux vraiment kiffer ton business, il va falloir accepter une chose : tu ne peux pas recopier le modèle de quelqu’un d’autre. Tu ne peux pas simplement suivre les “meilleures pratiques” ou appliquer les stratégies à la mode. Parce qu’un business qui te correspond, c’est un système fait sur mesure, en fonction de :
- Ta personnalité
- Ton énergie
- Tes priorités de vie
- Tes zones de génie
- Tes besoins financiers
- Tes contraintes logistiques
Certains kiffent avoir un agenda bien rempli, d’autres ont besoin de grands espaces de liberté. Certains aiment vendre, d’autres préfèrent créer. Certains adorent coacher en 1:1, d’autres ne jurent que par les formats asynchrones.
Il n’y a pas de bon ou mauvais modèle. Il y a ton modèle. Celui que tu dois découvrir, ajuster, affiner. Et tant que tu restes coincé dans des logiques copiées-collées, tu resteras en tension permanente entre ce que tu vis et ce que tu veux.
L’alignement ne suffit pas. Il faut de la structure.
Autre piège classique : croire que l’alignement personnel suffit à tout résoudre. “Je suis aligné avec mes valeurs”, “je fais un métier qui a du sens”, “je me sens moi-même dans ce que je propose”… Très bien. Mais si ton activité n’a aucune structure solide, alors tu vas vite t’épuiser.
Kiffer son business, c’est aussi :
- Savoir combien tu veux/peux travailler par semaine
- Avoir des offres qui respectent ton énergie
- Ne pas dépendre d’un seul type de revenu
- Avoir des systèmes qui tournent sans toi en permanence
- Pouvoir prendre des vacances sans culpabilité
- Ne pas vendre à tout prix, mais savoir vendre quand il faut
Ce n’est pas du rêve. C’est une question de clarté et d’organisation.
Ceux qui kiffent leur business durablement sont souvent ceux qui ont pris le temps de poser des fondations claires : positionnement, offres, process, communication, gestion du temps, rapport à l’argent. Ce n’est pas forcément fun sur le moment, mais c’est ça qui te libère ensuite.
Kiffer, ce n’est pas fuir l’effort. C’est choisir ce qui mérite ton effort.
Il ne s’agit pas d’avoir un business “facile”. Il s’agit d’avoir un business qui mérite ton engagement. C’est très différent.
Un business que tu kiffes, ce n’est pas un business sans contraintes, sans problèmes, sans responsabilités. C’est un business où tu sais pourquoi tu te lèves le matin, où tu sens que chaque action t’emmène un peu plus vers ce que tu veux vraiment construire.
Le plaisir vient de la cohérence. Du sens. Du sentiment d’avancer, pas de t’enfermer.
Et c’est là que le kiff devient un indicateur stratégique. Pas juste un ressenti, mais un repère. Si tu ne prends plus de plaisir depuis des semaines, c’est peut-être que ton système a besoin d’être ajusté. Que tu bosses trop. Que tu te sur-adaptes. Que tu as perdu le fil de ce qui t’animait au départ.
Le kiff est un signal. Écoute-le.
Kiffe ton business – Partie 2 : Ajuster ton modèle pour retrouver du plaisir au quotidien
Beaucoup d’entrepreneurs pensent qu’il leur manque du temps, des compétences ou de la visibilité. En réalité, ce qui leur manque souvent, c’est de la clarté sur ce qui leur fait vraiment du bien dans leur activité. Ce qui les fait vibrer. Ce qui leur donne envie de continuer, même dans les périodes creuses. Et ce qui les épuise, au contraire, même quand tout semble “fonctionner”.
Kiffer son business, ce n’est pas un objectif marketing. C’est un levier de longévité. Un business que tu aimes est un business que tu peux tenir. Un business que tu subis, aussi rentable soit-il, finira par te coûter plus qu’il ne rapporte. Le défi, c’est donc de trouver les bons réglages, les bons équilibres, les bons formats. Ceux qui collent à ta réalité à toi, pas à une projection idéalisée de l’entrepreneuriat.
Identifier ce qui te fait vraiment kiffer : plus subtil que ce qu’on croit
Si tu veux retrouver de l’enthousiasme, tu dois d’abord comprendre ce qui te nourrit. Et ce n’est pas toujours ce que tu crois. Ce n’est pas forcément ce qui marche bien financièrement. Ni ce que tu fais le mieux techniquement. C’est ce qui te met en énergie.
Pour ça, il faut prendre un temps de recul. Observer ton quotidien avec honnêteté. Quelles sont les tâches qui te donnent de l’élan ? Les formats qui te rendent fier ? Les échanges après lesquels tu es boosté ? Et à l’inverse, quels sont les moments où tu ressens un “poids” ? Un doute, une résistance, une envie de procrastiner ? Ces signaux sont précieux. Ils ne sont pas anecdotiques. Ce sont des indicateurs de faisabilité émotionnelle.
Il ne s’agit pas de ne garder que ce qui est agréable. Il s’agit d’identifier les éléments qui, une fois empilés, créent un quotidien qui te correspond. C’est à ce niveau-là que se joue le vrai kiff.
Exercice simple : cartographier ton plaisir professionnel
Fais le point sur trois dimensions :
- Ce que tu aimes faire : types de tâches, postures, formats, outils
- Ce que tu veux ressentir : satisfaction, reconnaissance, liberté, progression…
- Ce que tu veux éviter : surcharge mentale, flou, dispersion, relation déséquilibrée
À partir de là, tu peux commencer à repérer les ajustements possibles dans ton activité.
Réajuster ton offre : moins de tout, plus de sur-mesure
Tu n’as pas besoin de multiplier les offres pour mieux vivre. Tu as besoin d’affiner ce que tu proposes, de clarifier pour qui c’est fait, et de créer les conditions d’un travail de qualité.
Souvent, les entrepreneurs qui saturent sont ceux qui :
- Acceptent tout type de demande, même hors cadre
- Proposent des formats trop rigides ou trop lourds à tenir
- Ont du mal à dire non aux “petites missions” qui fragmentent leur temps
- Ont peur d’augmenter leurs tarifs par crainte de perdre des clients
Or, si tu veux kiffer ton activité, tu dois pouvoir travailler dans de bonnes conditions : avec le bon rythme, le bon niveau d’implication, le bon tarif. Une offre, ce n’est pas juste une combinaison “contenu + prix”. C’est une expérience de travail, pour toi comme pour ton client.
Poser des limites, ce n’est pas être capricieux. C’est protéger ton écosystème. Et c’est ça qui rend le travail durablement agréable.
Réorganiser ton rythme : le kiff a besoin d’espace
L’un des plus grands tueurs de plaisir en entrepreneuriat, c’est le rythme imposé par défaut. Prendre tous les rendez-vous quand les clients sont disponibles. Remplir ses semaines jusqu’à la dernière minute. N’avoir aucun temps de création, de pause, de respiration.
Tu ne peux pas kiffer ton business si tu es en mode survie. Si tout est serré, si tu n’as jamais de temps pour penser, te ressourcer, anticiper. À un moment, il faut arrêter de croire que tu es plus utile quand tu es débordé. Tu es plus utile quand tu es lucide, disponible, stratégique.
Reprends la main sur ton emploi du temps. Bloque des demi-journées pour réfléchir. Réserve-toi des espaces sans appels. Crée des cycles (par mois, par trimestre) pour planifier les lancements, les bilans, les respirations. Ton plaisir pro ne vient pas de l’adrénaline. Il vient du sentiment de maîtriser ton navire.
Faire le tri dans les “il faut” : le ménage mental est stratégique
Ce qui tue souvent le plaisir, ce ne sont pas les clients, ni le contenu du travail, ni le niveau de revenu. C’est le poids de tout ce que tu crois devoir faire.
Publier toutes les semaines. Être présent sur trois réseaux. Répondre vite. Créer une formation. Refaire ton site. Lancer un podcast. Avoir une stratégie d’emailing. Proposer des appels découvertes. Et si possible… dormir.
À force de cumuler des obligations invisibles, tu n’as plus de marge mentale. Tu n’as même plus de recul pour choisir ce qui est vraiment pertinent pour toi. Tu es juste en train de cocher des cases. Et ce n’est pas pour ça que tu t’es mis à ton compte.
Faire le tri, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Choisis 2 ou 3 canaux. Garde les formats que tu aimes. Supprime ou délègue ce qui te plombe. Et surtout, reviens régulièrement à cette question : “Est-ce que j’ai envie de faire ça, ou est-ce que je pense que je dois ?”
Kiffe ton business – Partie 3 : Cultiver le plaisir dans la durée, sans sacrifier ta croissance
Kiffer son business, ce n’est pas une phase. Ce n’est pas un pic de motivation passager. C’est un rapport au travail que tu peux choisir de cultiver, d’entretenir, et de protéger à mesure que ton activité grandit. Mais pour ça, il faut en finir avec l’idée que le plaisir serait un “bonus” : quelque chose de superflu, qu’on s’offre quand tout le reste est calé.
En réalité, le plaisir est une boussole. Il te montre ce qui fonctionne vraiment pour toi. Il t’aide à faire des choix plus sains. Il t’alerte quand tu commences à t’éloigner de ce qui te nourrit. Et plus tu avances, plus tu as besoin de cette lucidité. Parce que ce qui rendait ton activité agréable il y a un an ne suffit plus forcément aujourd’hui.
Grandir, évoluer, se développer, c’est normal. Mais si tu veux continuer à kiffer ton business, tu dois apprendre à faire évoluer le système sans te perdre.
Le vrai luxe : une croissance sans perte de plaisir
Ce que beaucoup appellent “scaler” est en réalité un piège s’il est mal géré. Plus de clients, plus d’exposition, plus de CA… et au passage, plus de charge mentale, plus de process à tenir, plus de gestion. Ce n’est pas automatique, mais c’est fréquent. Et quand tu grandis trop vite sans ajuster ton modèle, tu finis par payer ta réussite avec ton énergie.
Le vrai luxe en business, ce n’est pas d’avoir une équipe de dix personnes ou un chiffre d’affaires à six chiffres. Le vrai luxe, c’est de rester aligné, stable, bien dans ta peau, même quand ton activité évolue. Et ça demande de revoir régulièrement trois éléments :
- Ton rôle : quelles tâches tu gardes, lesquelles tu délègues, où tu apportes vraiment de la valeur ?
- Ton rythme : est-ce que ton agenda actuel respecte ton niveau d’énergie ?
- Ton écosystème : est-ce que ton offre, ton mode de communication et tes clients sont toujours cohérents avec ta vision actuelle ?
Si tu ne fais pas de bilan, si tu ne réévalues pas régulièrement ce que tu construis, tu avances les yeux fermés. Et c’est là que tu te réveilles un matin en te disant : “J’ai du succès, mais je ne prends plus de plaisir.”
Le plaisir comme indicateur stratégique
Beaucoup d’indépendants sous-estiment à quel point le plaisir est un bon indicateur de pilotage. Ce n’est pas un caprice émotionnel. C’est un retour d’expérience en temps réel. Quand tu sens que quelque chose devient pesant, que tu n’as plus envie, que ça résiste… ce n’est pas forcément parce que tu es “fainéant” ou “inconstant”. C’est peut-être que ton business est en train de t’échapper. Que tu es resté coincé dans une ancienne version de toi-même.
Dans ce cas, il faut avoir le réflexe de poser la question : “Qu’est-ce qui a changé, et qu’est-ce que je dois adapter ?”
- Est-ce que mes offres me stimulent toujours ?
- Est-ce que mon mode de livraison me convient ?
- Est-ce que mes clients actuels sont ceux avec qui j’ai envie de continuer ?
- Est-ce que je laisse encore de la place à la création, à l’expérimentation ?
Le plaisir vient de la liberté intérieure. Et cette liberté, tu dois la défendre activement.
Ne pas confondre confort et plaisir
Attention à un autre piège : celui du confort. Quand ton activité tourne bien, que les clients viennent, que le système est huilé… tu peux croire que tout va bien. Mais le confort n’est pas toujours du plaisir. Parfois, c’est juste une zone neutre. Tu ne souffres pas, mais tu n’es plus stimulé. Tu fais ce que tu sais faire, tu répètes un système, tu ne prends plus de risque.
Il n’y a pas de mal à ça… si tu es au clair avec toi-même. Mais si tu ressens un petit vide, un manque de joie, une impression de tourner en rond, c’est peut-être que tu es trop à l’aise. Et que tu as besoin de bouger, d’évoluer, de remettre du vivant dans ton business.
Kiffer son business, ce n’est pas rester dans le même format toute sa vie. C’est se donner le droit de faire évoluer sa manière de travailler dès que le besoin se fait sentir. En assumant que le plaisir ne vient pas de la sécurité, mais de la cohérence entre qui tu es aujourd’hui et ce que tu fais.
Créer un environnement qui soutient ton plaisir au quotidien
Enfin, si tu veux vraiment entretenir un lien sain avec ton business, il ne suffit pas d’avoir les bons clients ou la bonne offre. Il faut aussi te construire un environnement qui soutient ton plaisir.
Concrètement, ça peut passer par :
- Un cercle de pairs avec qui partager les hauts et les bas sans filtre
- Des routines hebdos pour faire le point sur ton état pro et perso
- Des moments de création sans objectif de rentabilité
- Un entourage qui comprend ton métier et respecte tes temps de pause
- Un cadre physique de travail dans lequel tu te sens bien
- Des micro-rituels qui te donnent de l’élan (musique, café, carnet, balade…)
Ce ne sont pas des détails. Ce sont des repères concrets pour entretenir ton énergie dans la durée. Parce qu’un business, ce n’est pas qu’un projet. C’est un mode de vie.
📌 Aller plus loin
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👉 https://baptistenoury.com/entrepreneurs-du-kiff/
Tu y trouveras des ressources concrètes, une vraie communauté, et surtout une façon de faire du business sans sacrifier ton plaisir.


