Je ne prends plus de plaisir au travail : alerte silencieuse, mais sérieuse
Tu ne détestes pas ton job. Mais tu ne l’aimes plus non plus.
Tu ne fais pas un burn-out. Mais tu n’es plus vraiment là.
Tu bosses. Tu fais le job. Mais le cœur n’y est plus.
Tu te dis : “C’est normal, ça passera.”
Mais ça ne passe pas.
Si tu te reconnais là-dedans, sache un truc : c’est un signal. Pas un bug passager. Et l’ignorer, c’est le meilleur moyen de finir en pilote automatique, voire en crash complet.
Ce que ça donne, concrètement, quand le plaisir a disparu
Ce n’est pas forcément spectaculaire. Tu continues à livrer, tu souris aux réunions, tu fais illusion. Mais en coulisses…
- Tu procrastines sur des tâches que tu faisais les yeux fermés.
- T’as de moins en moins d’entrain, même pour des projets cools.
- Tu regardes l’heure 12 fois par jour.
- T’as zéro envie de parler de ton taf, sauf pour râler.
- Tu fais le job… mais tu ne ressens plus rien.
Et ça, c’est le vrai danger : l’émotion neutre. Le désinvestissement. Le détachement progressif.
Parce qu’une fois que le plaisir s’éteint, tout le reste devient mécanique.
Non, ce n’est pas “comme ça pour tout le monde”
Y’a cette idée tenace qui veut que :
- “C’est normal de s’ennuyer parfois”
- “T’as qu’à faire ça en dehors du boulot”
- “C’est le taf, pas Disneyland”
Ouais… sauf qu’à force de répéter ça, on normalise une vie pro vide de sens et d’envie.
Alors remettons les choses au clair :
💥 Tu as le droit de vouloir prendre du plaisir dans ton travail.
💥 Tu as le droit de t’inquiéter quand ce plaisir disparaît.
💥 Et tu as le pouvoir de comprendre ce qui se passe… et d’agir.
Les 4 grandes causes de la perte de plaisir au travail
Avant de faire des choix, il faut comprendre ce qui t’a fait décrocher.
La perte de plaisir ne tombe jamais du ciel. Elle est le symptôme d’un désalignement. Et souvent, elle vient de l’un (ou plusieurs) des 4 piliers suivants :
1. Tu ne vois plus le sens de ce que tu fais
Tu bosses, mais tu ne sais plus pourquoi.
Ce projet, cette réunion, cette deadline ? Tu l’exécutes, mais tu ne la connectes plus à rien de motivant.
👉 Et quand le sens disparaît, l’envie suit.
2. Tu as trop donné, trop longtemps
Tu t’es investi à fond. T’as porté des trucs, absorbé du stress, pris sur toi.
Et à force de donner sans retour, tu t’es vidé.
👉 C’est comme un muscle trop sollicité : à un moment, il lâche. Pas par flemme. Par usure.
3. Tu as évolué, mais ton taf non
Ce qui t’animait avant ne te suffit plus.
Tu ne vibres plus sur les mêmes sujets.
Tu sens que t’as grandi intérieurement, mais ton environnement pro n’a pas suivi.
👉 Résultat : un sentiment d’inadéquation, de stagnation, voire d’étouffement.
4. L’environnement est devenu toxique ou stérile
Tu t’entends moins bien avec l’équipe. Le management a changé. L’ambiance s’est dégradée.
Ou simplement, le quotidien est devenu fade.
Plus de moments de partage. Plus d’énergie collective. Plus de surprises.
👉 Tu fais ton job… dans un désert.
Et là, tu fais quoi ? Tu changes tout ? Tu attends que ça passe ?
La pire option, c’est de rien faire. D’attendre que le plaisir revienne “comme avant”.
Spoiler : il ne reviendra pas. Pas sans un vrai travail d’écoute, d’honnêteté, et d’action.
👉 Mais attention : t’es pas obligé·e de tout plaquer non plus.
Tu peux réparer, réinventer, reconfigurer.
Mais pour ça, faut déjà oser regarder la vérité en face.
👉 Dans la partie 2, on va justement voir comment faire un diagnostic clair de ta situation, poser les bonnes questions, et amorcer un plan de réveil du plaisir pro, sans bullshit ni fuite en avant.
Partie 2 — Quand le plaisir disparaît : comprendre, décoder, réagir (sans tout envoyer balader)
Tu ne prends plus de plaisir au boulot. OK. Maintenant, faut comprendre pourquoi.
Parce que tant que tu ne mets pas de mots clairs sur ce que tu ressens, tu vas juste continuer à t’enliser. Et le cerveau humain est très fort pour trouver des excuses pour ne pas bouger.
Étape 1 : faire ton “check-up plaisir pro”
Tu vas noter, no bullshit, ce que tu ressens dans ton quotidien pro actuel.
| Question | Ta réponse |
|---|---|
| Le matin, je me lève avec… | (envie / indifférence / résistance ?) |
| Mes journées me laissent… | (énergisé·e / neutre / vidé·e ?) |
| Est-ce que je fais quelque chose qui me stimule ? | (oui / parfois / plus du tout) |
| Qu’est-ce que je redoute le plus dans ma semaine ? | (réunion, client, deadline…) |
| Et qu’est-ce que j’attends avec plaisir ? | (pause café ? vendredi ? plus rien ?) |
| Ai-je l’impression de progresser ? | (clairement / un peu / non) |
🧠 Tu veux vraiment savoir où t’en es ?
Fais ce test chaque fin de semaine pendant un mois. Si les réponses tournent au gris foncé… t’as ta réponse : t’es en train de décrocher.
Étape 2 : nommer ce qui te bouffe (au lieu de tout rejeter en bloc)
Tu n’as peut-être pas besoin de changer de métier. Mais il y a sûrement un ou deux éléments précis qui te pompent tout ton plaisir.
Fais le tri entre :
- Ce qui est lié au contenu de ton job (les tâches, les missions, le rythme…)
- Ce qui est lié au cadre (horaires, télétravail, environnement physique…)
- Ce qui est lié aux relations (hiérarchie, collègues, clients…)
- Ce qui est lié à toi-même (tes attentes, ton état d’esprit, ta fatigue perso…)
💡 Exemples :
- “J’en peux plus des tâches répétitives” → contenu.
- “Je me sens fliqué en permanence” → cadre.
- “Je supporte plus mon manager passif-agressif” → relation.
- “J’ai l’impression que je ne sais plus ce que je veux” → perso.
Nommer, c’est déjà reprendre un bout de pouvoir.
Étape 3 : repérer les signaux de plaisir (même s’ils sont minuscules)
Parce que oui, il en reste peut-être. Même planqués. Même éteints.
Tu dois les traquer, les repérer, les comprendre.
Cherche :
- Les moments où tu perds la notion du temps.
- Les tâches que tu fais facilement, sans te forcer.
- Les interactions qui te laissent léger·e.
- Les sujets sur lesquels tu t’animes, même brièvement.
Exemple : Tu t’ennuies sur 90 % de ta journée, mais t’adores résoudre les bugs urgents.
C’est un signal. Peut-être que ce que tu kiffes, c’est le rythme, le stress maîtrisé, la résolution de problème. Et tu peux t’en servir comme boussole.
Étape 4 : remettre en mouvement (sans tout plaquer)
Tu ne prends plus de plaisir ? Ok. Mais ça ne veut pas dire que t’as tout raté.
Ce n’est pas une condamnation à vie. C’est une invitation au réajustement.
Tu peux tester des micro-mouvements qui vont te permettre de rebouger dans la bonne direction.
Voici un tableau d’exemples :
| Malaise ressenti | Micro-action possible |
|---|---|
| Je m’ennuie | Propose une mission transversale ou une formation |
| Je ne supporte plus mon manager | Essaie de faire remonter un irritant mineur (sans attaque) |
| Je ne progresse plus | Lance un side-project perso ou pro |
| Je me sens isolé·e | Crée un binôme, un moment d’échange régulier avec un·e collègue |
| Je ne me sens plus utile | Demande à un client ou collègue ce qu’il retient de ton impact |
L’idée ici, ce n’est pas de révolutionner ta vie en 48h, mais de réinstaller une dynamique.
Tu n’as pas besoin d’un nouveau job. Tu as besoin de te reconnecter à ce qui t’anime.
👉 Dans la Partie 3, on parlera des options concrètes pour remettre durablement du plaisir dans ta vie pro, que tu restes, que tu pivotes, ou que tu décides de partir.
Tu veux pas juste survivre. Tu veux revivre. Et c’est totalement possible.
Partie 3 — Rebrancher le plaisir au travail : 3 options concrètes pour sortir du vide
Quand t’as plus de plaisir au taf, t’as trois grandes options.
Et spoiler : aucune n’est facile. Mais toutes sont possibles, si tu choisis avec honnêteté.
Le piège, c’est de rester figé au milieu. À faire comme si ça allait, en espérant un déclic externe.
Tu veux retrouver du plaisir ? Alors tu vas devoir reprendre la main.
Option 1 : Réinventer à l’intérieur de ton job actuel
Tu ne veux pas (ou ne peux pas) changer de poste ? Alors il va falloir ré-agencer ce que tu fais, avec ce que tu es devenu.
C’est ce qu’on appelle le Job Crafting : l’art de remodeler ton job depuis l’intérieur.
Pas besoin de tout plaquer. Tu changes les angles, les tâches, les rituels, les relations.
Concrètement :
- Tu demandes à prendre la main sur une mission différente.
- Tu délègues (ou négocies) une tâche que tu ne supportes plus.
- Tu te formes sur un sujet qui t’excite.
- Tu proposes un format nouveau (nouvelle méthode, nouvel outil, nouveau canal).
Exemple terrain : Lucie, chargée de com interne, en avait ras-le-bol des mails RH et des docs PDF moches. Elle propose de transformer ça en formats vidéo courts. Son boss valide. Elle retrouve du plaisir… sans changer de job.
👉 Ton job est peut-être encore vivable. Il a juste besoin d’être recadré autour de ton énergie.
Option 2 : Ouvrir un sas de transition
Tu sens que le job est à bout, mais t’es pas prêt·e à démissionner ?
Alors crée-toi un espace de respiration parallèle.
Un “sas”, c’est :
- une activité qui te nourrit en dehors du taf,
- une préfiguration d’un futur possible,
- un endroit où ton plaisir peut se réactiver sans pression financière immédiate.
Exemples de sas intelligents :
- Créer un contenu (newsletter, podcast, Insta, Substack…)
- Tester une compétence dans un cadre bénévole ou associatif
- Suivre une micro-formation sur un sujet qui t’appelle
- Rejoindre une communauté professionnelle qui te stimule
But du sas :
→ Remettre ton plaisir en circulation.
→ Rappeler à ton cerveau ce que ça fait d’être vivant.
→ Te donner de l’élan pour construire la suite.
Option 3 : Changer de cap (mais pas sur un coup de tête)
Parfois, faut être honnête : le job est mort.
Pas à réanimer. Pas à réparer. Il faut partir.
Mais attention : partir vers, pas fuir.
Ce qui veut dire :
- Ne pas claquer la porte sur un ras-le-bol pur.
- Préparer un vrai projet (même flou au départ).
- Créer les conditions matérielles pour rebondir.
- Te faire accompagner si besoin (mentor, coach, pair, réseau).
Ce n’est pas une fuite de vouloir autre chose.
C’est une preuve de lucidité que de refuser de rester dans un système qui t’épuise.
Le plaisir, ce n’est pas un luxe. C’est un signal de vie.
Tu crois peut-être que tu demandes “trop”. Que c’est naïf de vouloir aimer ton boulot.
Mais en fait… c’est vital.
Tu passes entre 70 000 et 90 000 heures de ta vie à bosser.
Tu mérites mieux que la résignation.
Et non, le plaisir au travail n’est pas qu’une affaire de poste ou de salaire.
C’est un alignement progressif entre qui tu es et ce que tu fais.
Et cet alignement, tu peux le reconstruire, pas à pas.
Pour finir : les 5 questions à garder sous la main
Tu ne prends plus de plaisir ? Reviens régulièrement à ces 5 questions :
- Qu’est-ce qui m’épuise vraiment dans mon quotidien pro ?
- À quel moment ai-je ressenti du plaisir pour la dernière fois au travail ?
- Qu’est-ce que j’aimerais tester ou explorer sans pression ?
- Qu’est-ce que je refuse désormais d’accepter ?
- Quel serait un premier petit pas pour faire bouger les lignes ?
Tu ne peux peut-être pas tout changer. Mais tu peux choisir de ne plus t’abandonner.
📌 Aller plus loin
Tu veux sortir du flou, retrouver du sens, et faire du plaisir ton nouveau moteur professionnel ? Rejoins Les Entrepreneurs du Kiff.
Pas une méthode magique. Un terrain d’expérimentation, d’échanges et d’évolution pour construire une vie pro qui te ressemble vraiment.


