Se faire plaisir au travail : c’est possible, mais faut arrêter de rêver debout
Tu veux te faire plaisir au taf ? Bonne nouvelle : c’est loin d’être une utopie. Mauvaise nouvelle : ça demande un vrai boulot intérieur et extérieur. Non, ce n’est pas juste une question de “trouver sa passion” ou de “positiver”. Ce genre de bullshit te maintient dans un fantasme confortable, mais stérile.
Pourquoi on en est là : le taf comme souffrance “normale”
Depuis qu’on est gamins, on nous vend le travail comme un devoir. Quelque chose de sérieux, de dur, presque héroïque. “Tu bosses, t’as un salaire, t’es un adulte.” Le plaisir ? C’est pour le week-end, les vacances ou les hobbies. Résultat : des millions de personnes qui se lèvent le matin avec la boule au ventre, persuadées que c’est normal.
Et le pire, c’est que ce conditionnement est sournois. Il fait qu’on culpabilise dès qu’on commence à kiffer un peu ce qu’on fait. Comme si c’était suspect, pas assez “pro”. Spoiler : c’est une énorme arnaque mentale.
Ce que ça veut dire, concrètement, “se faire plaisir au travail”
On va être clair : se faire plaisir au taf, ça ne veut pas dire que tout est fun, tout le temps. Même dans le job de tes rêves, il y aura des trucs chiants. Le vrai sujet, c’est de trouver un alignement entre qui tu es et ce que tu fais. Et ça, ça change tout.
Voici les piliers du plaisir au travail (qu’on va creuser ensuite) :
| Pilier | C’est quoi ? | Pourquoi c’est clé |
|---|---|---|
| Sens | Tu comprends à quoi sert ce que tu fais | Sans ça, tu perds la motivation profonde |
| Autonomie | Tu peux décider comment tu bosses | Sinon, tu deviens un robot exécutant |
| Maîtrise | Tu progresses, tu montes en compétence | Rien de plus chiant que de stagner |
| Relations | Tu bosses avec des gens que tu respectes | Le climat humain peut tout pourrir |
| Reconnaissance | Tu es vu, entendu, apprécié | Pas juste des “bravos”, mais une vraie valorisation |
Et non, ce ne sont pas des concepts flous pour startupers en sandales. Ce sont les fondations du plaisir au travail dans n’importe quel métier : prof, artisan, cadre, freelance, serveur, développeur, peu importe.
Premier levier : faire le point sur ce qui te plombe vraiment
Avant de vouloir kiffer ton taf, demande-toi : qu’est-ce qui me pèse aujourd’hui ?
Est-ce que c’est :
- Le manque de sens ? (Tu ne vois pas à quoi sert ton job)
- Le manque de reconnaissance ? (Personne ne remarque tes efforts)
- L’ambiance ? (Collègues toxiques, management pourri)
- Les tâches ? (Trop de routine, pas de défi)
- Ton rythme ? (Tu bosses en flux tendu, jamais de répit)
Fais une sorte de scan personnel. Pose-toi avec une feuille, et note les éléments de plaisir et de souffrance au taf. Ce diagnostic, c’est la base. Sinon, tu vas essayer de “te faire plaisir” en mettant des pansements sur une fracture.
Exemple concret : Julie est graphiste en agence. Elle aime créer, mais elle a zéro autonomie. Ses journées sont rythmées par les “urgences” des clients, les retours débiles du chef de projet, et les validations à rallonge. Elle se dit qu’elle a un bon taf, créatif… mais elle est en train de s’éteindre. Pourquoi ? Parce que la seule chose qu’elle aime vraiment (la création libre) est noyée sous la contrainte. Si elle veut se faire plaisir au boulot, elle va devoir revoir la structure de son job, pas juste “faire une pause yoga à midi”.
Le plaisir au travail, c’est une construction, pas un coup de chance
Tu ne tombes pas par hasard sur un taf qui te fait kiffer. C’est une stratégie. Et comme toute stratégie, elle demande :
- De l’observation
- De l’honnêteté
- Des expérimentations
- Des choix, parfois inconfortables
Tu vas devoir arrêter de subir, et commencer à piloter ta trajectoire pro. Et non, ce n’est pas réservé à une élite. Mais faut sortir du mode automatique.
Comment (re)trouver du plaisir dans ton job actuel : 5 leviers concrets
Spoiler : t’as pas besoin de changer de métier ou de vie pour remettre du kiff dans ta routine pro. Oui, dans certains cas, un virage radical s’impose. Mais souvent, t’as déjà de la matière sous les pieds, faut juste apprendre à la modeler.
Voici 5 leviers que tu peux activer dès maintenant, même si ton taf est loin d’être parfait.
1. Hacke ton job : le “Job Crafting” à la française
Concept made in USA mais ultra pertinent : le Job Crafting, c’est l’art de reconfigurer ton job autour de ce que tu aimes. Plutôt que d’attendre que le plaisir vienne d’en haut, tu vas chercher à customiser ton quotidien pro.
Trois axes pour le faire :
| Axe | Exemples |
|---|---|
| Tâches | Déléguer les trucs qui te bouffent l’énergie, prendre en charge plus de ce qui te stimule |
| Relations | Passer plus de temps avec les collègues qui t’inspirent, réduire les interactions toxiques |
| Sens | Reconnecter ce que tu fais à un impact réel, même indirect |
Exemple terrain : Paul est chargé de projet dans une PME. Il déteste les tableaux Excel, adore animer des réunions et résoudre des problèmes. Il négocie avec son N+1 pour réduire la partie reporting, en échange de la prise en charge des points hebdos avec les clients. Résultat : il se sent utile, vivant, et ça se voit sur sa motivation.
2. Réinstalle de la maîtrise : deviens meilleur dans ce que tu fais
Rien de plus satisfaisant que de sentir qu’on progresse. Même dans un job qu’on aime moyen, le plaisir d’apprendre et de s’améliorer peut raviver la flamme.
Pose-toi cette question simple : dans quel domaine ai-je envie de progresser, même juste un peu ?
Pas besoin de viser une reconversion : ça peut être affiner une compétence technique, bosser ta communication, apprendre à mieux gérer ton temps, etc.
👉 L’astuce : choisis une compétence qui te donne un vrai sentiment de puissance quand tu la développes. Celle où tu te dis “putain, je gère maintenant”.
3. Change la façon de travailler (pas forcément le contenu)
Parfois, le taf n’est pas si nul, mais la façon dont tu bosses le rend toxique :
- Des journées hachées en 17 interruptions
- Zéro temps pour souffler
- Réunions inutiles à la chaîne
- Travail sans feedback ni retour concret
Tu peux retrouver du plaisir juste en réorganisant ton mode opératoire :
- Bloque des créneaux focus sans distraction
- Supprime 20% de réunions (tu peux)
- Instaure un rituel de clôture de journée
- Crée un moment hebdo où tu te félicites pour un truc accompli
Mini-révolution perso = maxi impact sur ton ressenti.
4. Alimente-toi en reconnaissance (même sans ton boss)
On attend souvent que la reconnaissance vienne de l’extérieur. Et si t’as un manager fantôme ou un environnement ingrat, ça peut vite t’user.
Mais tu peux aussi générer ta propre reconnaissance, de deux façons :
- Trace ce que tu fais et ce que tu réussis. Garde un journal pro où tu notes chaque mini-victoire. Ça évite le syndrome du “je fais plein de trucs mais j’ai l’impression de rien foutre”.
- Crée du feedback par toi-même. Demande à un collègue, un client, un partenaire : “Qu’est-ce qui a été utile pour toi dans notre collaboration ?” Ça peut paraître bizarre, mais c’est d’une puissance folle.
5. Mets du fun dans la routine (oui, même au boulot)
Tu veux du plaisir ? Alors autorise-toi des moments de légèreté dans ta journée :
- Une playlist qui t’ambiance pour démarrer
- Un coin taff que tu personnalises (même en open space)
- Des pauses stylées (marche, carnet, discussion cool)
- Un défi perso de la semaine (ex : “envoyer un mail avec une punchline”)
Le plaisir, ce n’est pas un miracle tombé du ciel. C’est un micro-déclic que tu crées. Et plus tu en crées, plus ton cerveau s’en souvient… et en redemande.
Tu n’as pas besoin de tout changer pour que tout change
On résume ? Voici un tableau rapide des micro-actions à tester dès cette semaine :
| Levier | Action simple à lancer |
|---|---|
| Job Crafting | Liste 3 tâches que tu aimerais plus/pas du tout faire |
| Maîtrise | Choisis un sujet sur lequel tu veux progresser ce mois-ci |
| Organisation | Supprime ou délègue 1 réunion inutile cette semaine |
| Reconnaissance | Note 3 réussites pro chaque vendredi |
| Fun | Ajoute un rituel plaisir à ton lundi matin |
Tu ne vas pas tout transformer d’un coup. Mais ces petites modifications ont un effet boule de neige. Et surtout, elles te redonnent du pouvoir. Et le pouvoir, c’est toujours kiffant.
👉 Dans la troisième partie, on va voir comment construire une trajectoire pro alignée ET durable, pour que le plaisir au travail devienne une norme, pas un accident.
Construire une trajectoire pro qui te fait vraiment kiffer (sur le long terme)
Soyons clairs : tu ne veux pas juste survivre au taf. Tu veux te lever avec envie, sentir que tu fais un truc qui a du sens, progresser, être libre, gagner ta vie, et kiffer un max sur la route. C’est possible. Mais ça demande une vraie intention stratégique.
Pas une fuite. Pas une reconversion “parce que j’en peux plus”. Pas un “bon plan” copié sur ce que font les autres. Non : un chemin construit autour de toi.
Pose cette question-clé : qu’est-ce que je veux vraiment vivre dans ma vie pro ?
Pas juste “quel métier je veux faire”.
Demande-toi plutôt :
- Quelles expériences je veux vivre au quotidien ?
- Qu’est-ce qui me nourrit vraiment dans un travail ?
- Quelles émotions je veux ressentir régulièrement ?
- Quels types de relations pro je veux ?
- Quel niveau de liberté, de stimulation, d’impact ?
Tu n’es pas un CV. Tu es un être humain avec des désirs, des besoins, une énergie unique. Si tu veux kiffer, faut que ton taf s’inscrive dans une vision plus large de ta vie.
L’alignement, c’est la boussole du plaisir
L’erreur la plus courante, c’est de choisir un job en fonction de :
- Ce que tu “sais faire”
- Ce que le marché recherche
- Ce que les autres trouvent cool
- Ce qui paye bien (même si t’en as rien à foutre)
Et tu te retrouves… compétent, bien payé, socialement valorisé… mais profondément à côté de tes pompes. À long terme, zéro plaisir garanti.
L’alignement, c’est quand :
- Tu fais un truc qui te ressemble
- Tu es dans un environnement qui respecte ton énergie
- Tu te sens utile à quelque chose que tu estimes
- Tu as la place de grandir à ton rythme
Quand t’as ça, même les moments difficiles passent mieux. Parce que tu sais pourquoi tu te lèves le matin.
Les trois cercles du plaisir durable au travail
Il y a un modèle simple que j’adore pour visualiser le kiff pro : les trois cercles de l’alignement.
| Cercle | C’est quoi ? | Exemples |
|---|---|---|
| Ce que tu aimes faire | Les activités qui te stimulent, t’absorbent | Écrire, vendre, créer, résoudre, animer… |
| Ce dans quoi tu es bon (ou tu peux le devenir) | Tes talents naturels ou compétences cultivées | Écoute, logique, design, pédagogie… |
| Ce qui a de la valeur pour les autres | Ce que des gens sont prêts à payer, reconnaître ou échanger | Accompagnement, solution technique, contenu, artisanat… |
Quand ces trois cercles se croisent → Plaisir + Utilité + Rémunération = combo gagnant.
Et ça peut évoluer ! Ce n’est pas figé à vie. C’est pour ça qu’il faut t’autoriser à expérimenter.
Ce que ça veut dire concrètement : tester, ajuster, construire
Pas besoin d’avoir “tout compris” avant d’agir. Au contraire.
Tu veux avancer vers plus de plaisir ? Voilà ce que tu peux faire dès maintenant :
1. Crée des “zones test” dans ton parcours
Fais des projets en parallèle, propose un truc en interne, offre un service, teste une activité… Pas besoin de démissionner pour explorer.
Exemple : Théo est développeur, mais il adore transmettre. Il commence à animer des ateliers pour les juniors dans son équipe. Il kiffe tellement qu’il finit par devenir formateur freelance à temps partiel.
2. Appuie-toi sur ce que tu détestes
Ce que tu ne veux plus vivre, c’est aussi un super GPS. Tu n’en peux plus des managers intrusifs ? Tu veux plus jamais d’open space ? Tu hais les process inutiles ? Note tout ça. C’est de l’or pour affiner ton cahier des charges pro.
3. Accepte d’être en transition
Le plaisir au travail, c’est pas une ligne droite. C’est souvent :
- Des essais
- Des ajustements
- Des hauts, des bas
- Des moments flous
Mais à chaque étape, tu peux choisir un peu plus de ce qui t’allume. Et moins de ce qui t’éteint.
Le piège à éviter : attendre la solution magique
Tu ne vas pas te réveiller un matin avec l’idée parfaite. Et tu ne vas pas non plus tomber sur le “job de tes rêves” sur Welcome to the Jungle comme on tombe sur une promo d’Airbnb.
Le plaisir au travail, c’est pas une chance. C’est un chemin que tu traces. En osant être honnête, en apprenant à te connaître, en testant, en assumant ce qui te plaît.
Tu veux plus de plaisir au taf ? Commence par arrêter de chercher la solution parfaite. Et mets-toi en mouvement.
📌 Aller plus loin
Si tu veux creuser ces sujets, sortir du bullshit et construire une vie pro qui te fait vibrer sans sacrifier ta liberté ou ton plaisir, découvre Les Entrepreneurs du Kiff. Une communauté et des ressources pour t’aider à faire bouger ta trajectoire avec du fond, du cœur et de l’impact.


